Une jolie musique et le charmant minois de l’héroïne viennent saisir Barnabé dans son petit marasme et lui remettent les pensées dans l’ordre, le bon ordre, l’ordre d’amour. Parce qu’il fallait bien s’y attendre, tous les films lui parlent d’amour, donc de Rosa.

Tiens l’héroïne par exemple, eh bien c’est Rosa, sauf que Rosa est plus belle évidemment, Rosa est plus belle que tout. À se demander comment Dieu a eu l’idée de la fabriquer, un coup de génie pas de doute, dont il n’a pas dû se remettre, parce que pour faire mieux, va falloir qu’il se torture drôlement les méninges. Rosa, elle a des lèvres comme des petites limaces roses qui n’existent pas, des yeux qui vous passent à travers et font trois fois le tour avant qu’on ait eu le temps de dire ouf et des jambes comme on n’ose pas en rêver avec au bout, des pieds si gracieux qu’ils danseraient le lac des cygnes, mine de rien, sans que personne s’en aperçoive. À l’exception de Barnabé bien sûr. Sans parler de ses seins qu’il vient tout juste de découvrir à la télé, rien que d’y penser, ça lui fait des gouzi-gouzi partout. La vérité, c’est que Rosa est tellement belle qu’elle en offusque le soleil, les étoiles, le jour, la nuit, tout.

Extrait de " Chevalier B "

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